Une journée agitée pour la BCE !

EUR

Hier était une journée agitée du côté de la Banque Centrale Européenne (BCE) ! Tout a commencé lors d’une table ronde organisée par la banque UBS, où le directeur de la banque centrale autrichienne Robert Holzmann a annoncé que la BCE pourrait très probablement mettre fin en mars prochain aux rachats d’obligations dans le cadre de son programme d’urgence face à la pandémie, le fameux « PEPP ». Rappelons qu’il est l’un des membres les plus conservateurs de l’équipe de la BCE et qu’il n’est donc pas étonnant de le voir se positionner aussi prématurément quant à une normalisation de la politique monétaire. Il a malgré tout conclu sur le fait que la pandémie était loin d’être terminée et qu’il sera donc nécessaire de prendre une décision dans les temps, citant notamment la prochaine échéance de septembre lorsque de nouvelles estimations économiques seront effectuées.

De son côté le Président de la Bundesbank Jens Weidmann fait lui aussi pression sur la BCE. Il a ainsi de nouveau appelé à une diminution graduelle des achats d’actifs en raison de la pression inflationniste qui grimpe en zone euro. Selon son analyse, la balance de risque aurait même totalement changé : si auparavant les économistes s’inquiétaient d’une inflation presque inexistante qui était un poids pour la croissance, désormais le fait que l’inflation monte davantage pourrait avoir des conséquences bien plus graves que si elle était amenée à repartir à la baisse, notamment car cela impacterait directement « le pouvoir d’achat des ménages » expliquait ainsi Weidmann.

Enfin, plus tard dans la journée lors d’un discours au Sommet financier européen, le Vice-Président de la BCE Luis de Guindos a lui attribué l’augmentation de l’inflation à des facteurs temporaires, telle que la forte croissance des prix de l’énergie. Il a rappelé que l’institution a récemment revu à la hausse ses prévisions d’inflation mais continue d’espérer qu’elle « reste dans notre objectif à moyen terme ». Une posture qui se démarque donc clairement de celles adoptées par ses deux confrères qui se sont exprimés plus tôt dans la journée.

Nous attendrons aujourd’hui en fin de journée une intervention de la Présidente de la BCE Christine Lagarde. Ce discours devrait être particulièrement surveillé à l’heure où les voix au sein du directoire ne semblent pas se diriger dans la même direction.

GBP

Les cas de COVID-19 continuent de s’envoler outre-Manche, portés par le terrible variant Delta, avec 22 868 contaminations recensées sur la journée d’hier. Malgré tout, le nombre de décès reste relativement bas avec un bilan de 3 disparitions en ce 28 juin, en dépit d’une hausse graduelle des hospitalisations (+10.3% en 7 jours). Il semblerait donc que la vaccination fonctionne au Royaume-Uni puisqu’elle permettrait en effet d’éviter les formes graves du virus dans un contexte où il circule activement parmi la population (l’incidence s’affiche à 134.3).

De ce fait le “Freedom Day” (ndlr : jour de la liberté), jour où le gouvernement lèvera la quasi-totalité des dernières restrictions sanitaires encore en vigueur, devrait se dérouler comme prévu le 19 juillet. C’est en tout cas ce qu’espère le Premier Ministre Boris Johnson, qui déclarait hier qu’il « devient de plus en plus clair » pour lui et ses conseillers scientifiques que cette date sera la « dernière étape d’un retour à une vie presque normale ».

USD

Les Ministres des Affaires Étrangères du G20 se rencontrent aujourd’hui pour la première fois en deux ans en Italie. Les échanges devraient inclure des discussions sur l’amélioration de la coopération mondiale, notamment sur les problématiques sanitaires, environnementales et commerciales.

L’AGENDA ÉCONOMIQUE DE LA JOURNÉE

15h00 : Discours de Barkin (Fed) (USD)
15h40 : Discours de Lagarde (BCE) (EUR)
17h00 : Discours de Mauderer (Bundesbank) (EUR)
18h00 : Discours de Weidmann (Bundesbank) (EUR)