L’Ouest dubitatif face aux promesses de la Russie

EUR

D’après la Présidente de la Banque Centrale Européenne Christine Lagarde, la zone euro fera face « à une plus forte inflation et une croissance qui ralentira à court terme ». Selon elle, « plus la guerre sera longue » et plus les risques économiques grandissent. Elle a notamment souligné le fait que les ménages deviennent de plus en plus pessimistes quant aux perspectives économiques, ce qui les pousserait déjà pour des raisons psychologiques à dépenser et investir moins.

Alors que le seuil symbolique des 4 millions d’ukrainiens ayant fui le pays a été dépassé ce matin, la situation semble hier avoir fait un pas en avant vers l’apaisement suite aux négociations en Turquie entre la Russie et l’Ukraine. Le Kremlin s’est ainsi engagé à réduire « drastiquement » les forces militaires déployées à Kiev et Tchernihiv. L’occident met cependant en garde contre le fait que cela pourrait être un subterfuge lié à un repositionnement des troupes – qui pourraient par exemple être relocalisées dans le Donbass ou dans la ville portuaire assiégée de Marioupol. D’ailleurs, selon le gouverneur régional ukrainien Vyacheslav Chaus, la ville de Tchernihiv a été « bombardée toute la nuit » hier. De son côté le Président ukrainien Volodymyr Zelensky reste dubitatif. Lors d’une allocution dans la soirée, il a affirmé que les « ukrainiens n’étaient pas un peuple naif » et que seuls des « résultats concrets » pourraient être jugés comme convaincants. S’il a qualifié les échanges de « positifs », il a déploré le fait que cela n’a pour le moment en rien diminué l’échelle des assauts et que l’Ukraine ne « réduirait ainsi en rien ses efforts défensifs ». Malgré cela, l’euro s’est hier apprécié face à ses principales contreparties – suite à une posture jugée plutôt rassurante par les investisseurs. Le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov tempérait ce matin les attentes en précisant qu’un long chemin restait à parcourir.

GBP

Du côté britannique, les officiels sont également sceptiques vis-à-vis des engagements russes. Le Vice-Premier Ministre Dominic Raab a déclaré à Sky News qu’il ne « pense pas qu’il est possible de croire ce qui sort de la bouche de la machine de guerre de Poutine ».

D’après les données du Consortium Britannique des Détaillants, cela faisait 11 ans que les principaux détaillants n’avaient pas augmenté autant leur prix que durant ce mois de mars (avec une hausse moyenne constatée de +2.1%). En février, la hausse était déjà de 1.8%. L’institut constate donc une hausse pour le cinquième mois consécutif.

USD

C’est la première fois depuis le mois de septembre 2019 que la courbe des bons du Trésor américain à 2 ans et à 10 ans s’est inversée. Pour un cours instant, le rendement à 2 ans était ainsi plus rentable que celui à 10 ans – traduisant la crainte des investisseurs à court terme puisque les obligations restent des valeurs refuge par excellence. Ce phénomène rare est généralement perçu par Wall Street comme un présage inquiétant d’une potentielle récession à venir sous un horizon d’un à deux ans. Dans le contexte actuelle, les investisseurs craignent de la Fed abandonne ses objectifs de croissance pour se focaliser sur les risques inflationnistes.

L’AGENDA ÉCONOMIQUE DE LA JOURNÉE

14h00 : IPC allemand (EUR)
14h30 : PIB (USD)
17h15 : Discours de Panetta (BCE) (EUR)
19h00 : Discours George (Fed) (USD)