Lagarde va-t-elle encore être responsable d’une baisse de l’euro aujourd’hui ?

EUR

L’italien Fabio Panetta, le plus accommodant des six membres du directoire de la Banque Centrale Européenne, s’est exprimé hier à Science-Po Paris quant à l’action de l’institution. Selon lui il est nécessaire que cette dernière continue à favoriser les coûts de financement faibles pour dynamiser l’économie face à « la reprise des infections au COVID-19 et l’instauration de nouvelles mesures sanitaires dans certains pays de la zone euro, qui signifient que la pandémie n’est pas terminée ». Il a ajouté qu’il est nécessaire de faire attention à « ce que les chocs d’offre » qui sont à l’origine de l’inflation constatée récemment « ne deviennent pas des chocs de demande qui menaceraient la reprise ». Encore une fois un décideur de la BCE est donc favorable à un maintien de la politique monétaire actuelle, ce qui plaide en faveur d’une dépréciation de l’euro à moyen terme face à ses contreparties. Les investisseurs seront d’ailleurs aujourd’hui très attentifs au discours de la Présidente de la banque centrale Christine Lagarde, qui avec ses récents discours a été en grande partie responsable de la baisse de l’euro.

Bonne nouvelle en Allemagne : le social-démocrate Olaf Scholz a enfin officialisé l’accord pour la constitution d’une coalition tripartite avec les Verts et les libéraux-démocrates, après plusieurs semaines de négociations cordiales. Scholz devient ainsi le successeur d’Angela Merkel. Le nouveau gouvernement aura pour lourde première mission de prendre des mesures qui serviront à enrayer la dangereuse reprise de la pandémie constatée outre-Rhin depuis quelques semaines. Ce sera l’occasion de constater dans les faits si cette coalition peut fonctionner, puisque les idéologies des trois parties peuvent parfois être diamétralement opposées. On sait par exemple que les libéraux-démocrates seront réticents à la mise en place de mesures trop restrictives qui porteraient atteintes aux libertés des citoyens.

GBP

Silvana Tenreyro, membre du comité de politique monétaire de la Bank of England, a déclaré hier qu’elle envisageait une hausse de taux « davantage à moyen terme » alors même que les attentes pour une telle action dès décembre sont à leur paroxysme. Rappelons qu’une telle décision ne peut être entérinée qu’à la majorité, dans un comité qui comprend neufs membres votants. Lors de la dernière réunion sept membres étaient en faveur d’un maintien de la politique monétaire actuelle. En cas de hausse de taux, la livre sterling devrait naturellement se renforcer.

USD

Selon les Minutes de la dernière réunion de la Fed publiées hier soir, les membres du comité de politique monétaire semblent décidés à remonter le taux directeur principal de l’institution si l’inflation était amenée à continuer son envolée incontrôlable. Le document mentionne qu’une telle action pourrait intervenir « plus tôt que les participants l’anticipent actuellement ».

Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis sont tombées mi-novembre à leur plus bas niveau depuis plus de 50 ans. Seulement 199 000 personnes se sont inscrites au chômage pour recevoir une allocation. Les analystes s’attendaient à un chiffre nettement supérieur, de 265 000 inscriptions. Il faut remonter au 15 novembre 1969 pour retrouver trace d’un chiffre aussi bas dans les statistiques du pays. De plus, les ménages américains ont continué à consommer en octobre, en dépit du taux d’inflation grandissant.

L’AGENDA ÉCONOMIQUE DE LA JOURNÉE

13h30 : Publication des Minutes de la BCE (EUR)
14h30 : Discours de Lagarde (BCE) (EUR)
15h05 : Discours de Haskel (BCE) (GBP)
18h00 : Discours de Bailey (BoE) (GBP)