La campagne de vaccination de l’UE retardée de 2 mois sans le J&J ?

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L’Agence Européenne des Médicaments a déclaré hier planifier d’émettre une recommandation quant au vaccin de Johnson & Johnson d’ici la semaine prochaine, même si elle continue d’estimer que la balance bénéfice-risque est largement positive. Rappelons que le produit avait été approuvé en Europe le 11 mars, mais qu’il a depuis été suspendu temporairement aux États-Unis en raison de l’apparition de 6 cas de caillots sanguins, incitant l’Union Européenne à adopter la même posture.

D’après la société d’analyse scientifique Airfinity, la suspension du produit de J&J pourrait retarder la campagne de vaccination européenne de pas moins de … 2 mois ! « Si l’Union Européenne ne peut pas utiliser le vaccin J&J, cela pourrait repousser l’objectif de vacciner 75% de la population jusqu’au 8 décembre » expliquait le cabinet. Initialement, Airfinity projetait que cet objectif, qui est selon les scientifiques le niveau optimal de protection qui garantirait une immunité de masse, serait atteint au 30 septembre. Pour les États-Unis le scénario est tout aussi compliqué puisque, si initialement l’objectif de 75% pourrait être atteint d’ici le 22 juillet avec le J&J, sans celui-ci le pays ne pourrait y arriver que d’ici le 17 septembre.

En attendant, la France va de son côté continuer d’utiliser comme prévu le produit contre le COVID-19 de Johnson & Johnson, expliquait hier le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Le pays a déjà reçu 200 000 doses et s’attend à recevoir 600 000 doses d’ici la fin du mois, selon les données du ministère de la Santé. En Espagne et au Pays-Bas, la décision a été de stocker les doses reçues en attendant les recommandations de l’Agence Européenne des Médicaments. Le Danemark déclarait lui hier abandonner le produit d’AstraZeneca pour sa campagne de vaccination, et on imagine qu’une décision similaire sera donc prise pour celui de J&J.

Du côté macroéconomique, le Directeur de la région Europe du Fonds Monétaire International Alfred Kammer appelait hier les pays européens à faire un effort budgétaire supplémentaire en 2021 et 2022 pour surmonter la crise à court terme et donc de facto réduire son impact à long terme. C’est dans la publication de son rapport économique régional que l’institution souligne qu’un effort collectif « ciblé et temporaire » serait « énormément bénéfique pour tout le monde ».
 

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Le Royaume-Uni enregistrait hier 2 491 nouveaux cas de COVID-19 et 38 décès. Si sur 7 jours les infections sont en baisse de 11.5% (-2 475) et les admissions en hôpitaux en baisse de 15.5% (-270), la mortalité augmente elle légèrement (+9.3%) avec 20 décès supplémentaires. Globalement, le Royaume-Uni peut être heureux du chemin parcouru depuis janvier et le début de son confinement national, mais l’inquiétude grandit quant à la propagation du variant sud-africain au sein de la capitale londonienne.

Une étude britannique réalisée auprès de 165 personnes âgées de plus de 80 ans a comparé la protection par anticorps des vaccins AstraZeneca et Pfizer après l’injection d’une dose unique. Résultat : les deux produits semblent provoquer une réponse immunitaire similaire. Également, l’étude démontre qu’un des composants déterminant de la réponse immunitaire (les cellules T) présentent une réponse plus forte chez les patients ayant reçu le vaccin Oxford/AstraZeneca. Si les anticorps bloquent la possibilité du coronavirus de pouvoir pénétrer les cellules humaines, les cellules T peuvent de leur côté fournir une protection plus large en attaquant et tuant toute cellule qui aurait été infectée par le virus.
 

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Le Kremlin déclarait hier que, durant l’appel téléphonique ayant eu lieu mardi entre Vladimir Poutine et Joe Biden, le Président américain a émis la volonté de normaliser les liens bilatéraux et de coopérer sur le contrôle des armes, le programme nucléaire iranien, l’Afghanistan et les changements climatiques. La Russie a précisé que l’appel aurait été convenu sur initiative de Washington.

L’AGENDA ÉCONOMIQUE DE LA JOURNÉE

16h30 : Discours de Mauderer (Bundesbank) (EUR)
17h30 : Discours de Bostic (Fed) (EUR)
20h00 : Discours de Daly (Fed) (EUR)
22h00 : Discours de Mester (Fed) (EUR)